Lino Ventura


Lino ventura

On est en Italie, Lino Ventura, de son véritable nom Angelino Ventura Borrini, est né le 14 juillet 1919, à Parme. Il grandit dans le quartier de la Ghiaia avec son grand copain Bruno Pelagatti, son frère de lait. C’est un gamin vif et intelligent. Il est élevé par sa mère, son père étant souvent absent. Lino et Bruno habitent le même palier au deuxième étage d’un immeuble et partage souvent polenta et autres mets peu chers. Pas de viande, ni de charcuterie, on envoie les enfants chercher des chutes de jambon pour 10 « centesimi ». Dans les années 20 en Italie, les fascistes sont au pouvoir, mais les gens ont faim. Les Italiens quittent leur campagne pour se rendre à l’étranger. En France, il y a du travail. De nombreux Italiens font le voyage transalpin et recréent une communauté, vivent dans des conditions précaires, mais se retrouvent pour jouer aux cartes et parler du pays et de ceux qui sont restés là-bas. La famille de la mère de Lino, les Tanzi, tient une fabrique de conserves de tomate en banlieue parisienne.

En 1926, Lino a 7 ans et arrive à Montreuil-sous-Bois, petite ville de l’est parisien. Lino, qui neconnaît pas un mot de français, se retrouve à l’école communale. Il se fait régulièrement traiter de « Rital », etcomme il n’aime pas ça, il joue des poings et rentre souvent écorché de l’école. Cela va durer un peu moins de deux ans et comme la vie semble difficile pour Lino, sa mère le renvoie en Italie. En 1928, il retourne s’installer chez son oncle Emilio Borrini à Parme. Lino reprend l’école en Italie. Il va passer 3 ans à attendre que sa mère trouve un emploi fixe pour le faire revenir. En 1931, le voilà de retour mais cette fois à Paris. Il ira à l’école jusqu’à son certificat d’étude mais il traînera beaucoup dans le square Montholon, où il va se faire une bande de copain tous férus de sport. A 13 ans il devient garçon d’ascenseur dans un hôtel. Il est peu payé mais très fier de pouvoir aider sa mère. Plus tard il sera groom à l’hôtel Lafayette. Lino enchaînera les boulots : mécanicien, livreur, représentant…

En 1942, il épouse Odette Lecomte, son amour de jeunesse, dont il a quatre enfants : Mylène en 1946, Laurent en 1950, Linda en 1958 et Clelia en 1961. Puis changement de voie : il devient lutteur professionnel. Malheureusement, un accident survenu au cours d’un combat l’oblige à abandonner le ring. Cependant il décide d’organiser des matches. Il devient un habitué de la salle Wagram à Paris. C’est là que Jacques Becker le remarque et l’engage pour un rôle important dans Touchez pas au grisbi, celui d’Angelo, un chef de gang. À la sortie de Touchez pas au grisbi, sa présence est telle que toute la profession le remarque. I l est immédiatement adopté par le milieu du cinéma, par Jean Gabin avec qui il devient grand ami et par le public grâce à sa carrure, sa « gueule » et son exceptionnel naturel de comédien qui font de lui l’interprète idéal du film noir, de truand et de policier dur à cuire au grand coeur. Sans avoir pris de cours de comédie, il va rapidement gravir les échelons ; il est tout d’abord acteur de complément, puis accède rapidement aux premiers rôles, son jeu d’acteur s’affinant. Il devient l’un des poids lourds du cinéma hexagonal et restera à tout jamais reconnu comme l’un des meilleurs acteurs du cinéma français.

Père d’une enfant handicapée à cause d’un problème à la naissance, sa fille Linda née en 1958, il a créé avec son épouse Odette en 1966 l’association humanitaire Perce-Neige à Saint-Cloud, avec pour but « l’aide à l’enfance inadaptée ». Par fidélité à ses origines, il n’a jamais consenti à prendre la nationalité française, comme cela lui fut souvent suggéré.

Source : Lino Ventura par Sandro Cassati

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