Imbuti, Cavanna, Taravella, Schenardi et les autres… Les maçons italiens et leurs chantiers en bord de Marne


(Texte publié à l’occasion des Actes du 5e colloque historique des bords Marne « les italiens des bords de Marne et de l’est parisien (XIXe-XXe siècles) » du 23 septembre 2006, 2007. Remerciements à l’auteur, Isabelle Duhau, aujourd’hui Chargée de mission Ministère de la culture et de la communication Direction générale des patrimoines – Service du patrimoine Mission de l’Inventaire général du patrimoine culturel.)

La « Petite Italie » nogentaise est désormais bien connue grâce à la thèse de Marie-Claude Blanc-Chaléardi et aux romans de François Cavannaii. Ces immigrés, arrivés de plus en plus nombreux à partir de 1870 de leur montagne émilienne, piémontaise ou vénète – en fait essentiellement du Val Nure – s’installèrent dans le centre ville de Nogent-sur-Marne et devinrent maçons pour bon nombre d’entre eux. Le travail ne manquait pas à Nogent et dans les environs, ces quelques communes des bords de Marne ayant connu une urbanisation précoce – dès 1855-1860. En effet, la construction de deux lignes de chemin de fer (avec deux gares sur le seul territoire nogentais) en facilita l’accès au point d’entraîner le lotissement de toutes les terres agricoles alentours. Dès cette époque, Nogent, le Perreux (érigé en commune indépendante seulement en 1887) ou Saint-Maur-des-Fossés ne furent plus qu’un gigantesque chantier, et cela durant plusieurs décennies ; Bry-sur-Marne, Joinville-le-Pont ou Champigny-sur-Marne connurent les mêmes transformations quelques années plus tard. Les Italiens s’emparèrent de quasiment tous les métiers du bâtiment jusqu’à créer, pour certains, des entreprises prospères et se constituer, grâce à leurs facilités professionnelles, un véritable patrimoine immobilier.

Il restait à illustrer cette connaissance livresque par un éclairage sur les réalisations encore visibles aujourd’hui de ces Italiens, et à tenter de cerner quelles pouvaient être leurs spécificités architecturales. Ce travail a été conduit par le service de l’Inventaire général du patrimoine culturel de la région Ile-de-Franceiii, en deux temps, d’abord en 1985-1986 puis en 2004-2005iv. Un dépouillement des permis de construirev conservés aux Archives municipales a été réalisévi, ainsi que celui des annuaires Sageret – annuaire National du Bâtiment et des Travaux Publics qui existe depuis 1809 et qui recense quasiment tous les architectes et les entreprises de bâtiments. Cette recherche a été croisée avec un repérage dans les rues de Nogent et du Perreux lequel s’est accompagné de multiples prises de vues qui révèlent les innombrables réalisations italiennes, immeubles collectifs ou pavillons.

ill 1 Nogent-sur-Marne, Grande-Rue Ouvriers travaillant en 1927 au doublement de la voie du tramway

Ill. 1 (05940127NUC) :Nogent-sur-Marne, Grande-Rue. Ouvriers travaillant en 1927 au doublement de la voie du tramway. In : Maurice Salabert. Nogent-sur-Marne : étude de l’évolution d’une commune de banlieue. Thèse ; Université d’urbanisme de Paris, 1928. (© Inventaire général. reproduction Stéphane Asseline. 2005)

Les Italo-nogentais et les métiers du bâtiment

Au début du XXe siècle, 70% des émigrés Italiens de Nogent travaillent dans le bâtiment. Formés sur le tas, polyvalents, ils maîtrisent les savoir-faire des principaux corps de métiers. « Mon oncle Jean, comme papa, comme la plupart des maçons ritals, fait de tout. La brique, la meulière, le béton armé, les enduits, le terrassement – on dit « la terrasse » – le plâtre, la charpente sauf si c’est trop de la dentelle, la couverture, la grosse plomberie, le carreau de faïence si tu regardes pas à la loupe… Il n’y a qu’une spécialité à laquelle les maçons ne touchent pas, qui leur inspire une terreur sacrée : l’électricité :

« La lettrichité, il est bestiale ! Tou touçes un petit fil dé rien dou tou, plâf, t’es mort ! Et si que tou vois ça et que tou veux aider ton copain, plâf, t’es mort oussi ! Il est un trouc dou diable, c’t’affaire-là »

explique avec saveur Cavanna dans Les Ritals. Quelques-uns ont une spécialité, mais rares sont ceux qui peuvent espérer profiter de leurs gains supérieurs.

« Un plâtrier, mais alors un qui ne fait que le plâtre, un tâcheron payé au mètre carré, ça ne vit pas très vieux. C’est un boulot où il faut se remuer, une course contre la montre entre le bonhomme aux yeux plus grands que le ventre qui remplit toujours trop son auge afin de couvrir une plus grande surface d’un seul coup […] et le plâtre qui « prend » toujours plus vite que tu croyais. Tu te baisses, tu te charges la taloche avec la grande truelle de cuivre, tu te relèves, tchac tchac tu vides à la truelle la taloche pour écraser étaler le plâtre, là tu comprends ta douleur, vite vite un coup de règle, un coup de berteley pour racler, l’apprenti (le « garçon ») apporte déjà le sac et les seaux d’eau de la gâchée suivante, tu replonges dans l’auge, c’est reparti, t’arrêtes pas, tu ruisselles, tu respires la gueule grande ouverte comme un poisson parce que t’as les narines collées au plâtre qui te bourre les poumons et te fait crever avant la cinquantaine. […] Un plâtrier, ça se reconnaît de loin […] : biscoteaux de lutteur et joues de papier mâché. Sans compter le jaja qu’ils descendent pour se désemplâtrer la bouche ».

En outre, les plâtriers spécialisés dans les plafonds, davantage payés, présentent une déformation caractéristique de la colonne vertébrale à force de travailler penché en arrière, précise Cavanna.

Les Italiens sont d’abord employés dans des entreprises françaises, puis certains s’installent à leur compte. Quelques-uns restent artisans, travaillant seuls ou presque, tandis que d’autres voient leur entreprise grossir et embauchent leur entourage, cousins, frères, voisins. D’abord sous-traitants, une fois leur sérieux attesté, ils accèdent à des commandes plus conséquentes. Partis de rien, une charrette et quelques outils, ils louent ou achètent dès que possible un bout de terrain qui devient leur chantier. « « Le » chantier, c’est le lieu sacré où est rangé le gros matériel. Un entrepôt si tu veux. Il y a les « échasses » pour échafaudages, perches de sapin de cinq à douze mètres groupées en faisceau qui signalent de loin qu’un maçon a son chantier là, il y a les « boulins » d’acacia qui se scellent au mur par un bout et se fixent, par l’autre, à l’échasse au moyen d’un nœud spécial, dit « cravate », tortillé dans un cordage réglementaire, il y a les planches dites « de quatre mètres » parce qu’elles ont, eh oui, quatre mètres de long, longueur réglementaire, […], il y a les rabiots de briques, de parpaings, de carreaux de faïence, les bottelées de ferrailles à béton, queues de chantiers entassées là parce qu’il ne faut rien perdre, ça finit toujours par servir » poursuit Cavanna.

Ces ouvriers acharnés travaillent sans véritable moyen technique ; le plus souvent, ils ne sont même pas motorisés.

« Au début de 1951, j’avais acheté une vieille camionnette, une B 14 qui datait de 1930. Mais j’étais à l’époque un des rares qui avaient un véhicule à moteur. Je passe dans la Grande-Rue et je vois le père Gagliardi. Il avait une poussette avec un sac de plâtre et divers trucs. Je me suis arrêté devant lui. Je lui ai dit : « Où est-ce que vous allez pépé ? » Et il m’a dit : « Je vais à Champigny, chez un boulanger, pour faire les joints d’un four. » Moi je lui dis : « Mon père, s’il voit là-haut que je vous laisse là, il va pas être content. » Alors j’ai mis sa charrette dans ma camionnette et vas-y… »

a raconté Laurent Pellicia à Marie-Claude Blanc-Chaléard. Louis Taravella et François Cavanna se souviennent du premier camion circulant dans Nogent et appartenant à un maçon italien, « le » camion acheté par l’entreprise des deux Dominique, Taravella et Cavanna. C’était en 1924 (en 1936, l’entreprise comptera trente-deux employés italiens habitant Nogent).

Les entreprises italiennes résistent comme elles le peuvent à la crise économique du début des années 1930. Cavanna intitule l’un des chapitres des Ritals « Le çoumaze ». Il explique :

« Les entreprises ritales, plus modestes, moins endettées en matériel mécanique, plus « bricoleuses », donc plus souples, employant des gars sachant tout faire, et tout faire avec rien, – et « cassant les prix », disaient les Français -, résistèrent mieux, grâce au volant de petits chantiers qu’on se garde toujours de côté pour « quoante qu’on aura un trou ». […] Débaucher un compagnon pour manque de commandes, c’était quelque chose comme le déshonneur. C’était aussi condamner à crever de faim un ami d’enfance, la plupart du temps un neveu, un cousin, un oncle… ».

Et puis, d’une manière générale, les Italiens se tiennent éloignés de la politique. Ils ont quitté leur pays pour travailler et gagner de l’argent et ne s’impliquent pas dans les luttes sociales, préférant ne pas attirer l’attention sur leur communauté. Cavanna comprend :

« Quand on est immigré, on a intérêt à se faire tout petit, surtout avec le chômage qui rôde ; pris dans une manif, ou à un meeting, c’est la carte de travailleur qui saute, la carte bleue. Tu te retrouves avec la carte verte, pas le droit de mettre les pieds sur un chantier, juste celui de faire du tourisme. Ou même carrément expulsé ».

Plus exactement, pour les Italiens, fervents catholiques et durs à la peine, seul compte le travail.

ill 2  Chantier de l’entreprise de travaux de bâtiment  Estrela 42 chemin des Clotais Champigny-sur-Marne

Ill. 2 (06940672XA) : « Chantier » de l’entreprise « de travaux de bâtiment » Estrela, 42 chemin des Clotais, Champigny-sur-Marne. (© Inventaire général. Cliché Laurent Kruszyk. 2006).

ill 3 Villa construite avant la Première Guerre mondiale 10 rue André-Pontier à Nogent-sur-Marne

Ill 3 (04940052VA) : Villa construite avant la Première Guerre mondiale, 10 rue André-Pontier à Nogent-sur-Marne ; cette maison devrait bientôt disparaître, remplacée par un immeuble. (© Inventaire général. Cliché Stéphane Asseline. 2004)

Le jeune garçon commence comme apprenti ou « arpète ». Il semble inutile de préciser que si le métier est pénible d’une manière générale, les premières années sont encore plus rudes. L’arpète est « taillable et corvéable à merci ». Bientôt il devient garçon avant, l’expérience aidant, de passer compagnon pour finir chef d’équipe ou chef de chantier. Aujourd’hui, encadrée par des conventions collectives, cette hiérarchie n’a pas fondamentalement changé. Le manœuvre, ouvrier sans qualification, devient jeune compagnon, ouvrier qualifié, puis ouvrier hautement qualifié avant d’accéder aux postes de responsabilité et d’encadrement d’équipe. Les patrons eux, se mettent à leur compte alors qu’ils sont encore très jeunes. Le goût de l’initiative, une certaine assurance, le sens de la négociation et du commerce, mais aussi certainement une part de chance, leur seront nécessaires pour durer. Laurent Pellicia, qui avait commencé tout seul en 1950, explique une partie de sa réussite grâce à sa fameuse rencontre avec le père Gagliardi : « Le lendemain soir, on frappe chez moi : c’était mon pépé. Et il m’a dit :« Laurent […] tu m’as emmené à Champigny et tu m’as économisé une fatigue énorme […]… Alors, je suis venu te voir, parce que j’ai un client dans le bois de Vincennes : il a un très beau chantier, je devais le faire moi-même, mais je suis trop vieux. Si tu veux je te présente le client. ». Le client en question, un industriel, accepta le suppléant. « Du moment que c’est Gagliardi qui te recommande, il n’y a pas de problème » lui dit-il. Satisfait du ravalement de sa propriété réalisé en quelques jours, il confia par la suite au jeune entrepreneur l’entretien des bâtiments de son usine, où travaillèrent en permanence pendant vingt ans six ou sept compagnons.

ill 4 montage L’immeuble du 3 rue Sainte-Anne à Nogent-sur-Marne construit en 1913 par l’entreprise Cavanna-Taravella

Ill 4 (montage) : L’immeuble du 3 rue Sainte-Anne à Nogent-sur-Marne, construit en 1913 par l’entreprise Cavanna-Taravella ; la brique disparaît aujourd’hui sous une étrange couche de peinture. Le plan appartient au dossier de permis de construire. (Nogent-sur-Marne. Archives municipales. © Reproduction et cliché de l’auteur).

Les entreprises nogentaises

Les premières entreprises au patronyme italien domiciliées à Nogent-sur-Marne ne sont pas des entreprises de maçonnerie. En 1885, l’annuaire Sageret recense les fumistes (aujourd’hui on utilise plutôt le terme de chauffagiste) Tadeoni, Sartori et Nessi ainsi que le peintre Righi. La première entreprise de maçonnerie italienne apparaît en 1895, il s’agit de la maison Joseph Maloberti, installée 86 avenue du Val de Beauté. En 1910, elle est domiciliée 17 rue Edmond-Vitry (rue ouverte à l’emplacement des terrasses de l’ancienne propriété Lafaulotte à la toute fin du XIXe siècle) dans un pavillon en meulière tout à fait typique du tournant du siècle. Cette même année, l’entreprise de maçonnerie Michel Taravella fils et ses frères apparaît, domiciliée à deux adresses différentes, 2 avenue Juliette et 41 rue des Batailles. En 1914, il existe neuf entreprises italiennes recensées dans le secteur du bâtiment (la maison Cavanna-Taravella, bien que fondée en 1911, n’apparaît pas) : Bernardelli, successeur de Galli, et Sartori, fumistes ; Allavena, peintre en décors ; Corbellini, Dusio, Labati, Maloberti, Peguri, maçons ; Ricci, menuisier.

ill 5 Plan de l’architecte Legenre d’un étage type de l’immeuble construit par Cavanna-Taravella rue Gustave-Lebègue à Nogent-sur-Marne

Ill 5 (ACO94052) : Plan de l’architecte Legenre, d’un étage type de l’immeuble construit par Cavanna-Taravella rue Gustave-Lebègue à Nogent-sur-Marne, extrait du dossier de permis de construire. (© Nogent-sur-Marne. Archives municipales)

ill 6 Rue Edmond-Vitry à Nogent La maison à gauche a été construite en 1906 par Imbuti pour l’architecte Hillion

Ill 6 (04940131VA) : Rue Edmond-Vitry à Nogent. La maison à gauche, a été construite en 1906 par Imbuti pour l’architecte Hillion, qui y habita au début de sa carrière. (© Inventaire général. Cliché Stéphane Asseline. 2004)

Après la Première Guerre mondiale, le nombre de sociétés italiennes se développe. En 1920, sur cinquante-six entreprises du bâtiment listées (tous corps d’état confondus), treize sont italiennes, soit près d’un quart. Apparaît ainsi la société Imbuti, qui ne se contente pas d’être mentionnée mais fait déjà préciser «  ent. de maçonnerie, ciment armé, spécialiste de constructions d’ateliers et d’usines ». Cette même année, au Perreux-sur-Marne (qui compte un peu moins de 18 000 habitants, exactement comme Nogent), seules quatre entreprises sont recensées, dont deux italiennes, le peintre Ambrogi et le fumiste Rossi. A Bry-sur-Marne, une seule entreprise de bâtiment est italienne : le fumiste Rolandi, sur les dix que compte la commune. Champigny-sur-Marne comprend quatre entreprises italiennes dont celle de l’entrepreneur général de maçonnerie Joseph Taravella, sur les trente-huit domiciliées sur le territoire communal. Champigny compte bientôt une seconde entreprise de maçonnerie appartenant à un dénommé Taravella, celle d’Auguste Taravella, recensée à partir de 1923. A Nogent, deux ans plus tard, deux sociétés disposent dorénavant d’un numéro de téléphone, Dusio, installé 7 boulevard de la République et Imbuti qui cette fois s‘offre un encart important : « entreprise de maçonnerie, toutes constructions, démolitions, terrasses, canalisations, entreprise générale d’usines, ciment armé. Etudes de tous projets sans frais, ingénieur attaché à la maison ». Imbuti annonce même une « médaille d’honneur ». Sur les douze entreprises de maçonnerie nogentaises, huit sont dirigées par des Italiens ; dix ans plus tard elles sont douze dans ce cas sur dix-huit que compte la commune (Arata, Azoli, Casella, Cavanna et Taravella, Dusio, Fontana, Giovanale, Imbuti, Maloberti, Labati, Pareti, Perugi). Si ces entreprises sont naturellement domiciliées à Nogent-sur-Marne, près du vieux centre, là où est installée la communauté, les annuaires comme les repérages de terrain du service de l’Inventaire indiquent bien que les Italiens sont également présents dans les communes alentours : J Crotta et ses fils à Saint-Mandé (ils construisent en 1937 l’immeuble 7 rue Paul-Doumer à Nogent), Gallegari, Bordini ou Vaccari à Fontenay-sous-Bois, Baldaccini à Créteil, Baticelli, Battaia, Pedotti, Ceroni, Dalla Vechia, Del Tedesco, Galli et Vasco, Fasola etc. à Saint-Maur-des-Fossés ou bien encore Quagliaroli à Champigny-sur-Marne (qui construit sous la direction de l’architecte campinois H. Bataille).

ill 7 Hall d’entrée de l’immeuble 11 rue de l’Abbé-Guilleminault à Nogent construit en 1907 par Imbuti

ill 7 (04940116XA) : Hall d’entrée de l’immeuble 11 rue de l’Abbé-Guilleminault à Nogent, construit en 1907 par Imbuti, probablement sous la direction de l’architecte Jules Legenre. (© Inventaire général. Cliché Stéphane Asseline. 2004)

Les entreprises italiennes sont stables, elles résistent plutôt bien à la crise des années 1930 ; on les retrouve chaque année jusqu’à la Seconde Guerre mondiale et certaines figurent encore dans l’annuaire qui reparaît pour 1946-1947. Elles se transmettent dans le cadre familial ; c’est la veuve Imbuti qui gère l’entreprise après le décès de son mari, mais le plus souvent, ce sont les fils ou les gendres qui prennent la succession des pères, comme dans le cas des entreprises Maloberti (Bienvenu succède à Joseph), Cavanna-Taravella (Louis Taravella prend la relève de son père Dominique, avant de passer le flambeau à ses trois fils) ou Schenardi (Jean-Pierre succède à Pierre). Cependant, à partir des années 1950, les entreprises italiennes disparaissent peu à peu, emportées par le mouvement qui tend à remplacer les multiples sociétés de type artisanal par quelques entreprises à caractère industriel, les futurs groupes du BTP qui bâtiront la France standardisée des Trente glorieuses.

ill 8 Nogent-sur-Marne 25 boulevard de Strasbourg Immeuble construit en 1929 par l’entreprise Imbuti

Ill 8 (04940112VA) : Nogent-sur-Marne, 25 boulevard de Strasbourg. Immeuble construit en 1929 par l’entreprise Imbuti pour son propre compte selon les plans de l’architecte Hillion. (© Inventaire général. Cliché Stéphane Asseline. 2004)

Les réalisations des entreprises italiennes

Les bords de Marne et plus précisément Nogent ou Le Perreux sont des communes presque exclusivement résidentielles ; l’industrie y est quasiment absente. Elles accueillent une clientèle bourgeoise bientôt suivie par une population plus modeste, constituée de petits propriétaires et d’employés à la recherche d’un environnement préservé évoquant une certaine idée de la campagne perdue. Ainsi, jusqu’aux années 1950, le bâti nogentais ou perreuxien est essentiellement composé de villas et de pavillons plus ou moins modestes selon les quartiers. Toutefois, à partir de la première décennie du XXe siècle, des immeubles de logements apparaissent. Ce sont des immeubles de rapportvii, construits par quelques rentiers résidant dans les propriétés alentours. Les entreprises italiennes travaillent localement et s’illustrent essentiellement dans cette architecture privée. Les sondages réalisés dans les archives révèlent que les chantiers d’équipements publics d’envergure sont plutôt concédés à des entreprises françaises ; les sociétés italiennes obtiennent alors des contrats pour la maintenance et l’entretien de ce type de bâtiments. Pour autant, les Italiens travaillèrent sans doute à la construction de ces édifices car il ne faudrait pas négliger le phénomène, très présent dans le bâtiment, de la sous-traitance ni l’importance des effectifs d’ouvriers italiens au sein des entreprises françaises.

Les Italo-nogentais construisent d’imposantes villas bourgeoises sur les coteaux ou le long du bois de Vincennes, villas qui ont presque toutes disparu aujourd’hui sous le coup de la pression immobilière ; celles-là même dont Cavanna raconte que les maçons trinquaient avec le propriétaire à l’occasion de l’accrochage, à la plus haute cheminée, du bouquet de fleurs des champs qui proclamait « à la face du monde » que la maison était désormais hors d’eau. Ils construisent également les pavillons qui parsèment encore le territoire. Ces bâtiments, conçus pour la plupart par des architectes, constituent un véritable échantillonnage de la production architecturale durant quelques décennies. Tous les styles et toutes les tailles cohabitent pour former un ensemble d’une indéniable qualité propre à l’architecture de villégiature de bord de ville de cette périodeviii. Le goût pour les grandes périodes passées incite certains propriétaires à choisir une construction de style « néo » (néo-gothique, néo-Louis XIII, néo-rococo etc.). D’autres préfèrent le décalage géographique plutôt que chronologique et commandent des chalets, des pavillons rustiques, des maisons néo-normandes ou des réalisations dans le goût mauresque. Pour d’autres enfin, l’attrait de la modernité l’emporte. Nogent et Le Perreux présentent un ensemble, sans équivalent dans la région parisienne, de réalisations Art nouveau, dues à l’architecte Georges Nachbaur et à ses fils. Malgré une industrialisation de la fabrication de certains éléments décoratifs (ferronnerie, éléments de terre cuite ou de grès vernissé etc.), née au milieu du XIXe siècle, ces résidences présentent des décors, dont les savoir-faire, courants à l’époque, font appel à la main-d’œuvre ordinaire. Les stucs ou les mosaïques (pas toujours d’une grande finesse mais c’est l’effet d’ensemble qui est recherché) sont réalisés par ces maçons polyvalents. Ces décors tendent aujourd’hui à disparaître au gré des ravalements et des opérations de rénovation, car les entreprises de bâtiment actuelles ne maitrisent plus ces savoir-faire. Les Italiens sont aussi présents dans les travaux de second œuvre. Ils se font peintre ou menuisier par exemple. Durant la Première Guerre mondiale, c’est l’entreprise Ricci qui réalise toutes les boiseries et les rayonnages, d’une facture tout à fait classique, de la bibliothèque de la fondation Smith-Lesouëff à Nogent.

Si les Italiens construisent pour la clientèle locale, les permis de construire révèlent qu’ils sont eux-mêmes rarement maîtres d’ouvrage. Les patronymes à la consonance transalpine sont exceptionnels dans la liste des commanditaires. Ils n’en ont pas encore les moyens financiers. Et lorsqu’ils le sont, il s’agit le plus souvent d’Italiens entrepreneurs du bâtiment. Ces maçons s’avèrent quelques fois également maîtres d’œuvre ou plus exactement entrepreneurs-constructeursix ; dans ce cas, ils construisent de modestes pavillons pour lesquels les clients n’ont pas jugé nécessaire ou n’ont pas eu les moyens de solliciter un architecte (le début du XXe siècle voit la naissance des maisons vendues « sur catalogue »)x. En revanche lorsqu’ils construisent pour leur propre compte, ils font appel à un architecte, souvent le même. Se nouent ainsi des collaborations fidèles, Dusio et Nachbaur, Cavanna-Taravella et Legenre, Imbuti et Hillion. Pour autant, leurs constructions ne sont pas toujours « remarquables ». Les plus habiles d’entre eux, réinvestissent très vite leur bénéfice dans des immeubles de rapport dans lesquels ils logent généralement leurs compatriotes et leurs familles. Bien loin de devenir des marchands de sommeil (ils y habitent eux-mêmes) ils réalisent des bâtiments très modestes, conformes aux normes d’habitations d’alors, logements très exigus et sans commodité. Ces petits immeubles en brique, dépourvus de la moindre ornementation, sont surtout élevés en centre-ville, où le bâti est déjà dense. En absence de règles d’urbanisme (les premiers documents datent du début des années 1930) ces constructions s’imbriquent les unes dans les autres, exploitant la moindre parcelle, jusqu’à former des cours et des passages insalubres. L’importante opération de rénovation urbaine commencée au début des années 1980 a pratiquement fait disparaître tout souvenir de ce Nogent des Italiens à l’exception de quelques adresses, le passage au niveau du 124 Grande-Rue-Charles-de-Gaulle, l’impasse du Luxembourg ou bien l’immeuble construit par un certain Draghi en 1913, 31 rue Paul-Bert. Le plus célèbre d’entre eux est désormais celui du 3 rue Sainte-Anne, construit en 1913 par Cavanna-Taravella, sur les plans de Jules Legenre, dans lequel François Cavanna passa toute son enfancexi. Bientôt l’entreprise, avec le même architecte, construit un autre immeuble 29 bis rue des Clamartsxii, où elle installe son « chantier » et transfère l’entreprise auparavant domiciliée 3 rue Sainte-Anne, avant de déménager dans un troisième immeuble, 4 rue Gustave-Lebègue où elle restera domiciliée jusqu’à sa fermeture récente.

ill 9 Immeuble construit par l’entreprise Schenardi en 1964  104 boulevard d’Alsace-Lorraine au Perreux-sur-Marne

Ill 9 (04940821VA) : Immeuble construit par l’entreprise Schenardi en 1964, 104, boulevard d’Alsace-Lorraine au Perreux-sur-Marne. (© Inventaire général. Cliché Stéphane Asseline. 2004)

L’entrepreneur Maloberti construit également sous la direction de Legenre, 50 avenue Gabriel-Péri au Perreux par exemple (immeuble daté 1906). Comme les autres, il bâtit bientôt pour son propre compte un immeuble de rapport, 26 rue Dagobert à Nogent, où il domicilie son entreprise.

L’entrepreneur Félix Dusio est un collaborateur privilégié des Nachbaur. Boulevard de la République (après ce premier tronçon, la voie ne sera jamais prolongée), les architectes dessinent quasiment tous les bâtiments ; l’entreprise Dusio est domiciliée dans le pavillon au numéro 7 et construit pour son propre compte la maison du numéro 9 en 1921. L’année suivante, les Nachbaur achètent une vaste propriété en centre ville, qu’ils lotissent immédiatement, perçant à cette occasion la rue de l’Armistice. Les premières maisons de la rue appartiennent soit à Dusio, soit aux Nachbaur eux-mêmes.

Joseph Imbuti s’affirme comme un entrepreneur prospère. Personnage rustique et analphabète (il sait à peine signer son nom), il finit par se trouver à la tête d’une entreprise d’une certaine envergure, ses publicités dans l’annuaire Sageret attestant de sa stratégie de réussite. En 1905, il bâtit l’immeuble 18 boulevard de Strasbourg, et deux ans plus tard, celui 11 rue de l’Abbé-Guilleminault. En 1913 il édifie pour son propre compte un immeuble boulevard des Deux-Communes, à l’angle de la rue Beaupaume. Il entame une fructueuse collaboration avec l’architecte Hillion, dont le fils rejoindra bientôt l’agence et qui infléchira les projets communs vers un style Art déco. En 1906, au 20 rue Edmond-Vitry, il réalise la propre maison de l’architecte jusqu’à, en 1929, construire sous sa direction un autre immeuble mais cette fois pour son propre compte, 25, boulevard de Strasbourg. Le bâtiment de rapport de huit niveaux comporte des commerces en rez-de-chaussée et cinq logements de trois ou quatre pièces par niveau au-dessus. Leurs signatures figurent côte à côte sur un certain nombre d’immeubles nogentais, à l’angle de la rue Jules-Ferry et de la Grande-Rue (daté de 1925) ou bien encore juste à l’entrée de la ville.

Effectivement, les trois bâtiments mitoyens aux 14-18 Grande-Rue-Charles-de-Gaulle sont tout autant « italiens ». Le 14, datant de 1934, est signé conjointement de T et R. Hillion et d’Imbuti. Réemployant le principe de l’ordre colossal déjà mis en œuvre boulevard de Strasbourg, il conserve toutefois le gabarit mis en place quatre ans plus tôt par l’architecte R. Ladrée pour l’immeuble du 16. Le bâtiment le plus ancien, celui construit en brique en 1926 est quant à lui signé par l’architecte Legenre et les entrepreneurs Cavanna et Taravella. C’est à son propos que Louis Taravella se rappelle M. Duvelleroyxiii, le commanditaire apportant en liquide la somme correspondant à la construction de l’immeuble projeté, avant même la pose de la première pierrexiv, témoignant ainsi du sérieux et de la confiance accordée aux entreprises italiennes.

Autre trajectoire professionnelle remarquable celle de Pierre Schenardi. Fils d’un paysan du Val Nure, il naît à Vincennes en 1914. Juste après la Seconde Guerre mondiale, après avoir travaillé à la reconstruction de Saint-Lô, il s’installe à son compte à Nogent et prospère rapidement grâce à son sens des affaires. Ayant repéré un terrain vague prometteur, il se procure les coordonnées des propriétaires, des religieux belges. Il les rencontre et les convainc de lui céder leur parcelle. Sans un sou, il commercialise son immeuble en vendant les logements sur plan afin de financer l’opération, profitant de la législation récente sur la copropriété. Cette démarche, novatrice à l’époque, lui vaut le succès. Par la suite, il enchaîne les opérations, essentiellement sur Nogent, quelques-unes au Perreux, à Saint-Maur ou à Champignyxv. Son fils Jean-Pierre entre dans l’entreprise en 1957, l’année de ses vingt ans. Pierre prend sa retraite en 1970, tandis que la société continue à construire jusqu’en 1984 et cesse son activité en 1997. Un entrepreneur chauffagiste, lui-même d’origine italienne, raconte dans Le Nogent des Italiens : « Avec le père Schenardi […] il n’y a jamais eu de problème. Je lui ai fait cinquante-trois immeubles en équipement, tous à Nogent… Avec lui, on traitait sur une poignée de main. Avec lui, toutes les affaires que j’ai faites, tope là ! Il se mettait là, je me mettais là, en face de lui. J’avais mon papier et lui avait son papier. Il mettait un prix dessus. Pas d’accord. Je mettais mon prix dessus. On recommençait. Cela pouvait durer un quart d’heure… Une fois qu’on était d’accord, pas besoin de papier… ».

Schenardi recourt à un architecte pour le dépôt du permis de construire. Mais c’est l’entreprise qui se charge seule de la construction, de la coordination des chantiers et de la commercialisation des appartements. Pas toujours très scrupuleux avec la réglementation (le dernier étage de la résidence du Bois est construit sans permis de construire) Schenardi s’attache à édifier des immeubles dont les appartements ne seront pas que des « boites ». S’adressant à une clientèle dotée de certains moyens, il souhaite leur faire oublier qu’ils occupent un logement collectif. Ainsi la plasticité de toutes les façades d’un même bâtiment et leur asymétrie évitent la monotonie. L’abondance des balcons, des portes-fenêtres et des grandes baies vitrées de tout côté apporte une luminosité maximale pour chaque pièce et un sentiment d’ouverture vers l’extérieur appréciable. Enfin Schenardi, en manuel fier de son métier, accorde une importance particulière à la qualité des matériaux et à leur mise en œuvre. Ses publicités mettent en avant ses édifices construits en véritable pierre de taille. Il utilise abondamment le marbre, le granit, le granito ou la pierre pour leurs effets polychromes à des fins décoratives et de prestige. S’inscrivant dans la tradition du XIXe siècle, il soigne les entrées et les halls de ses édifices en y créant un sentiment d’opulence. Pour autant la silhouette de ses immeubles s’inscrit dans la modernité du XXe siècle par l’absence de hiérarchisation des niveaux, le soin apporté au dessin de toutes les façades, les toits terrasse ou l’horizontalité des ouvertures.

Fier de son travail, il appose sa signature sur chacune de ses réalisations, comme certains de ses prédécesseurs l’ont fait avant lui suivant l’usage alors courant pour les architectes.

Aujourd’hui, sans ces signatures et en l’absence de sources, il n’est presque jamais possible de distinguer les réalisations de ces différentes générations d’Italiens dans le paysage de l’est parisien. Constructeurs, certes, mais formés sur le tas après leur arrivée en France, ils se sont parfaitement adaptés à la commande locale et aux dessins des architectes français. Actifs à une époque où cette profession était encore très présente dans le secteur du pavillonnaire et plus généralement de l’habitat privé, les Italiens ne construisent pas sans eux.

A partir des années 1960, les anciens « Italiens » se sont intégrés à la société française. Qui sait que le grand-père de Jean-Louis Bargero, maire communiste de Champigny-sur-Marne de 1975 à 2004, était arrivé d’Italie en 1914 avant de se construire un petit pavillon à Champigny dans les années 1920 ? On connaît davantage le parcours du fils Schenardi (décédé en 2004), devenu l’un des cadres dirigeants du Front national. Aujourd’hui, les descendants d’immigrés italiens se croisent dans toutes les professions, même si quelques noms à consonance italienne se trouvent encore dans le secteur du bâtiment (à Nogent, les entreprises de maçonnerie Gallo Marchiando et Cella ou l’entreprise générale Malchiodi).

Durant les Trente glorieuses, d’autres immigrés leur succèdent dans cette branche. La main d’œuvre se recrute désormais à Champigny, aux portes du plus grand bidonville portugais de la région parisienne (il abritera entre 15 000 et 20 000 habitants) où les camions des grandes entreprises du BTP viennent chaque matin chercher leur personnelxvi. Les Italiens transmettent leurs savoir-faire et encadrent cette nouvelle main-d’œuvre sans qualification. Ainsi, Baptista de Matos a raconté comment, arrivé au bidonville en 1963, il travailla à Vincennes à la construction de routes et d’égouts, lorsque après trois mois, le chef italien lui confia la responsabilité d’encadrer trois manœuvresxvii. Là encore, même si c’est une autre histoire, les trajectoires familiales conduisant à l’intégration se renouvellent : ainsi, AdrianoCarreira, jeune lusitanien arrivé à Champigny en 1958, y apprit le métier de marbrier chez un entrepreneur italien, puis se mit à son compte et exerça son activité jusqu’à la retraite ; il laissa plusieurs biens immobiliers aux alentours à ses enfants dont l’un est devenu architectexviii.

Isabelle DUHAU, 2006-2007

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i Sa recherche a été publiée : BLANC-CHALEARD Marie-Claude, MILZA Pierre. Le Nogent des Italiens. Paris : Autrement, 1995. (Français d’ailleurs, peuple d’ici). Puis la thèse elle-même : BLANC-CHALEARD Marie-Claude. Les Italiens dans l’Est parisien : une histoire d’intégration, 1880-1960. Rome : École française de Rome ; Paris : diff. De Boccard, 2000. (Collection de l’École française de Rome).

ii CAVANNA François. Les Ritals. Paris : Belfond, 1979 ; CAVANNA François. L’œil du lapin. Paris : Belfond, 1987.

iii L’Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France, devenu l’Inventaire général du patrimoine culturel de la France relevait du ministère de la Culture (direction du patrimoine) depuis sa création en 1964 par André Malraux. La loi de décentralisation de 2004 a transféré aux Régions cette compétence.

iv L’Inventaire a été réalisé en 1985-1986 par Marie-Agnès Férault et en 2004-2005 par Isabelle Duhau. Il a été publié : INVENTAIRE GENERAL …, Région Ile-de-France ; Isabelle Duhau (réd.) ; Stéphane Asseline et Laurent Kruszyk (photogr.) / Nogent et Le Perreux, l’eldorado en bord de Marne. Paris : APPIF, 2005. (Images du patrimoine ; n° 237).

Voir aussi : www.culture.gouv.fr – bases de données documentaires MERIMEE, PALISSY et MEMOIRE.

v Le permis de construire tel que nous l’entendons aujourd’hui ne date que de 1943. Dès 1906, face aux inconvénients de leur urbanisation précoce et désordonnée, Nogent et Le Perreux (en application des lois de 1902 et 1903 sur la santé publique) adoptent des règlements sanitaires. Ceux-ci imposent pour les habitations des hauteurs sous plafond ou des dimensions minimum pour les courettes. L’évacuation des eaux pluviales et des eaux et matières usées est strictement encadrée. C’est pour permettre la vérification du respect de ces règles que les propriétaires sont désormais astreints d’effectuer une déclaration de travaux en mairie.

vi Ce dépouillement a été possible grâce au précieux travail de catalogage et d’informatisation des fonds conduit par les services d’archives municipales de Nogent-sur-Marne et du Perreux-sur-Marne. Il permet de connaître le maître d’ouvrage (le commanditaire) et le maître d’œuvre (architecte ou constructeur) de chaque permis conservé.

vii Le régime de la copropriété ne date que de 1938.

viii Voir par exemple INVENTAIRE GENERAL …, Région Ile-de-France ; Sophie Cueille (réd.) ; Jean-Bernard Vialles (photogr.) / Le Vésinet. Modèle français d’urbanisme paysager 1858/1930. Paris : APPIF, 1989. (Cahiers de l’inventaire ; n° 17). INVENTAIRE GENERAL …, Région Ile-de-France ; Sophie Cueille (réd.) ; Jean-Bernard Vialles (photogr.) / Maisons-Laffitte. Parc, paysage et villégiature 1630-1930. Paris : APPIF, 1999. (Cahiers du patrimoine ; n° 53). Exposition. Saint-Maur-des-Fossés, 2006. Architectures de Saint-Maur, patrimoine vivant. Choisy-le-Roi ; Saint-Maur-des-Fossés : CAUE94, 2006.

ix Voir INVENTAIRE GENERAL …, Région Ile-de-France ; Catherine Jubelin-Boulmer (réd.) / Hommes et métiers du bâtiment 1860-1940 ; l’exemple des Hauts-de-Seine. Paris : MONUM, 2001. (Cahiers du patrimoine ; n° 59). L’ouvrage présente un panorama exhaustif des métiers du bâtiment (les formations, l’exercice quotidien des professions, les réalisations etc.) dont l’analyse s’applique parfaitement au reste de la banlieue parisienne.

x Aujourd’hui encore, pour une construction de moins de 170 m², le recours à un architecte n’est pas nécessaire et même pour des réalisations plus vastes, la quasi-totalité des pavillons français est réalisée par des « constructeurs » qui vendent des modèles pré-dessinés.

xi François Cavanna n’avait pas de lien de parenté avec Dominique Cavanna, qui employa le père et logea la famille du futur journaliste.

xii Immeuble surélevé de trois niveaux en 1929.

xiii L’industriel Jean-Pierre Duvalleroy (1802-1889) fit fortune dans le commerce de la plume et la confection d’éventails. Récompensé lors de plusieurs Expositions universelles, il comptait l’impératrice Eugénie parmi ses clientes. Il s’installa à Nogent au milieu du XIXe siècle, acquérant puis lotissant des terres, dont l’île de Beauté. Ses deux fils continuèrent de gérer la fortune familiale.

xiv Voir BLANC-CHALEARD Marie-Claude, MILZA Pierre. op. cit. p. 137-138.

xv A Nogent, place Pierre-Sémard, Grande-Rue-Charles-de-Gaulle, trois ou quatre résidences boulevard de Strasbourg ; au Perreux 104, boulevard d’Alsace-Lorraine et 127, 129 rue Victor-Recourat ; à Champigny-sur-Marne, 17 avenue du Général-de-Gaulle ou 9 rue Dupertuis, etc.

xvi Voir : VOLOVITCH-TAVARES, Marie-Christine. Portugais à Champigny, le temps des baraques. Paris : Autrement, 1995. (Français d’ailleurs, peuple d’ici).

xviii Témoignage recueilli par l’auteur.